Réchauffement Climatique

Réchauffement Climatique

Zoom sur « Réchauffement climatique »
Plage d'Argelès à 5h du matin
Est-il possible de transposer la méthode bien connue de traitements des risques du système d’information sur les risques environnementaux ?

Consciemment ou non, une analyse de risques se cache derrière chaque décision de notre vie quotidienne, de la plus simple (traverser la rue) à la plus critique (accepter de recevoir un traitement de soins expérimental par exemple)

Mais quelle définition doit-on donner au mot « Risque ».
Exemple, lorsque l’on parle du risque de se faire cambrioler si vous laissez vos fenêtres ouvertes en temps de canicule, il s’agit en fait d’une menace « Vol ». De même le risque de vous faire tremper si vous sortez sans parapluie, il s’agit là aussi de la menace météorologique. Par contre le risque de perdre vos économies si vous misez tout sur un placement boursier, il s’agit alors des conséquences d’une décision.

Nous appelerons donc « risque » comme la combinaison de la vraisemblance de la menace et de la gravité de son impact si cette dernière survient. Il est alors possible de définir des métriques en évaluant la vraisemblance de la menace, de la gravité de l’impact et par combinaison du niveau de risque.

Les métriques
Le terme « changements climatiques » désigne les variations des températures et des conditions météorologiques sur le long terme. Ces variations peuvent être un phénomène naturel, mais depuis le début du XIXe siècle, elles résultent principalement de l’activité humaine, notamment de l’utilisation des combustibles fossiles (tels que le charbon, le pétrole et le gaz) qui produisent des gaz à effet de serre.
Mais quels sont les risques provoqués par le réchauffement climatique ?
Il faut savoir qu‘un risque environnemental est comme la possibilité qu’un événement survienne et dont les conséquences seraient susceptibles d’affecter les personnes, les actifs de l’entreprise, son environnement, les objectifs de la société ou sa réputation.
A partir de cette définition, nous avons deux facteurs du risque environnemental:
Possibilité qu’un événement survienne
Conséquences de cet événement ou encore impact
Appliquons maintenant cette démarche à la problématique de la plage du Racou.
Le Racou, hameau de la ville d’Argelès sur Mer, se situe à la jonction exacte de la plage sableuse qui s’étend le long du littoral méditerranéen, de la côte rocheuse (vers Collioure, Port-Vendres, Banyuls) et de l’arrivée des Pyrénées dans la mer. Il réunit dans un mouchoir de poche (650 m de linéaire côtier sur quelques centaines de mètres à l’intérieur) Il est un site « inscrit » (le vieux village et la plage), un site « classé » (Site classé du Racou) et un site « protégé » (site protégé de la Znieff de la Massane).
L’ événement redouté est  » Érosion de la plage du racou » avec pour conséquence la disparition du site emblématique de la plage du Racou et sa recomposition spaciale.

Il s’agit donc ici, dans le cas de cet exemple d’identifier les scénarios des menaces ou encore événements, la vraisemblance et les vulnérabilités associées de « l’erosion de la plage »
Scénario de menace « Tempête et coup de mer »
Les coups de mer et les tempêtes emportent et déplacent le sable de la plage en creusant notamment autour des fondations des habitations, au point de mettre en danger l’entière population du Racou. Les coups de mer et les tempêtes ont toujours existé. Par contre, en raison du trait de côte, l’impact des tempêtes sur le Racou est de plus en plus fort.
Le site environnemental du Racou présente aujourd’hui des fragilités:
– amaigrissement de la plage engendré par les digues du port
– déficit sédimentaire à cause de l’ouvrage portuaire situé au Nord.
Nous retenons seulement qu’il y a eu des tempêtes avant la construction du port, qu’il y en a eu dans les quelques années qui ont suivi la construction et qu’il est intéressant de comparer les effets de celle-ci sur les habitations.
On ne peut donc conclure, à partir de ce constat, que l’augmentation de la fréquence des tempêtes dans les années qui ont suivi la construction du port est un fait naturel significatif dans la génération des désordres constatés, conclusion qui a été retenue dans les attendus du jugement du TA de 2006 ; Depuis 1964, Il n’y a par ailleurs aucune augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes .

La vraisemblance de cet événement sur une échelle de 1 à 4, peut être évaluée à 2
La gravité de l’impact sur une échelle de 1 à 4 peut être évaluée à 3.
Ce premier scénario décline un niveau de risque inaceptable, il est donc nécessaire de traiter ce risque
Le traitement d’un risque peut se faire sur deux axes:
diminuer la vraisemblance de la menace en supprimant les vulnérabilités identifiées
diminuer les impacts par des mesures de protection
Lorsque l’on impose dans un bâtiment une porte coupe feu, cela n’évite pas le feu, mais diminue l’impact d’un incendie en évitant sa propagation. La porte coupe feu n’empêche pas le démarrage d’un feu.

Dans notre exemple, nous avons identifé des vulnérabilités :
– amaigrissement de la plage
– déficit sédimentaire

La cause principale est la digue du port.
Les tempêtes sont naturelles. Nous pouvons envisager de diminuer les effets par l’apport de sédiments et/ou mesures permettant d’éviter l’amaigrissement de la plage.
La réalisation de ce bourrelet a été plus négatif que positif dans le traitement du risque d’érosion de la plage du Racou. Il a déstabilisé le sable, rendant la plage vulnérable
Cette analyse peut être poursuivie en reprenant les autres scénarios des événements pouvant survenir et/ou déjà existants:

Interruption des apports fluviaux provenant de la Massane
L’alimentation en provenance de la Massane est bloquée dans le port du fait de la construction de ce dernier
Modifications des conditions climatiques
Les tempêtes d’occurrence trentenaire survenues entre 1984 et 1997 n’auraient eu aucune conséquence particulière si la plage avait conservé sa largeur d’origine
Rotation de la plage (phénomène de rotation de la plage autour d’un point situé environ au centre de son linéaire)
Réflexion de la houle sur l’ouvrage portuaire réflexion aggravant l’impact érosif de la houle et des tempêtes de Sud-Est sur la plage du Racou
Disparition de la barre d’avant-côte
Ces structures en forme de dune sous-marine agissent comme une protection naturelle de la plage en dissipant l’énergie des vagues et servent de réservoir de sédiments
En conclusion, en connaissant le niveau de risque que représente chaque scénario de l’événement menaçant, il faut prioriser les risques et décider de la manière dont ils vont être traités. Ici, 3 options sont possibles :
Réduire: modifier le risque en mettant en place un contrôle pour réduire la vraisemblance qu’il se produise.
Eviter: le risque en cessant toute action qui lui est lié.
Conserver : cela signifie qu’on accepte le risque et estime que le coût de son traitement est supérieur aux dommages qu’il pourrait causer.
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